Sandra

« La vie m’a tellement gâtée jusqu’à maintenant : je vis dans un pays magnifique et sûr, ma fille est en bonne santé et a accès à une formation de qualité et mon travail m’a permis de mettre quelques économies de côté. J’ai donc eu envie d’utiliser mes sous en faveur de personnes qui n’ont pas accès à une qualité de vie telle que la nôtre.

J’ai entendu parler du navire-hôpital civil Africa Mercy à travers un reportage diffusé sur la TSR. J’ai ensuite consulté le site internet de cette organisation et je me suis gentiment laissée emporter sur les vagues… Une rencontre bienveillante avec la responsable du recrutement au bureau de Lausanne a ensuite confirmé mon envie d’engagement.

J’ai travaillé dans le département communication en tant que « relation médias ». J’ai eu la chance d’accueillir des équipes Médias du Canada, de Belgique, Hollande, Danemark, ainsi qu’une équipe française de M6 pour l’émission Enquêtes exclusives. Mon rôle était d’accompagner ces professionnels et d’organiser leur emploi du temps selon leurs besoins; suivi d’un patient, images du bateau, interview des volontaires, tournage dans les salles d’opérations. Il me tenait également à cœur de les emmener à l’extérieur pour une petite baignade dans l’océan, à la découverte des marchés et de la population locale.
J’ai également participé à quelques rencontres officielles avec le ministre de la Santé de Madagascar, entouré de quelques journalistes locaux.  Je me tenais a disposition de personnes venant visiter le bateau toujours dans le but de faire connaitre Mercy Ships pour attirer plus de volontaires et augmenter la récolte de fonds.

Mon premier contact avec une patiente Tahina, m’a bouleversée. Je me suis retrouvée totalement démunie devant une jeune femme de 23 ans, la moitié du visage rongé par le Noma. Elle n’était que bandages et souffrances. Nous n’avions qu’un moyen de communication, soit le toucher par les mains : je n’oublierai jamais ce premier moment de tendresse avec elle. J’ai essayé de lui donner un tout petit peu d’affection pendant son séjour, elle a subi quatre opérations pour lui redonner un visage. Elle a quitté le bateau quelques jours avant moi pour retourner vivre dans la brousse avec son papa et cultiver quelques petites rizières. Sans Mercy Ships, elle ne serait plus en vie. »